Des baby-boomers à la génération Z : qui boit, et comment ?
Baby-boomers : la génération du « vin quotidien »
Les baby-boomers ont grandi dans une France où le vin était un aliment presque aussi banal que le pain. En 1960, un adulte sur deux buvait du vin tous les jours, rappelle l’Insee. L’alcool, pour eux, c’est souvent :
- Un vin sur la table à chaque repas, parfois dès l’adolescence (dans les années 50-60, le vin est encore parfois servi à la cantine).
- La bière associée à la détente masculine, au café du coin ou au stade.
- Des apéritifs sucrés ou anisés pour les grandes occasions.
Le « binge drinking » est rare, les hauts taux de consommation sont surtout dus à une présence massive et quotidienne de l’alcool. L’idée d’ébriété « festive » devient un phénomène plus visible dans les années 80-90 chez les générations suivantes.
Repère : En 1965, 32 % des 15-24 ans boivent de l’alcool tous les jours.
Génération X (1965-1980) : la transition
Ici, la consommation quotidienne d’alcool commence à reculer, tout particulièrement chez les femmes et en milieu urbain. Sous l’impulsion de campagnes de santé publique, la prise de conscience des risques s’amorce doucement :
- Le vin est encore central, mais la bière monte en popularité, liée à de nouveaux modes de vie (WE entre amis, musique, TV, football...)
- Apparition d’une consommation plus « épisodique » : plus de boissons festives, moins de rituels quotidiens.
- Le discours autour de la modération, et bientôt du « modèle méditerranéen », fait son apparition.
Chiffre-clé : Entre 1992 et 2017, la part des 18-75 ans disant boire tous les jours passe de 24 %... à seulement 10 % (Santé Publique France).
Génération Y ou « millennials » (1981-1996) : la « soirée » et le zapping
Pour cette génération, l’alcool n’est plus autant un élément du repas que l’accessoire de la sortie, de la fête ou... du canapé. Caractéristique marquante :
- Forte augmentation de la consommation lors de rassemblements (soirées étudiantes, concerts, festivals).
- Premier essor du « binge drinking » – littéralement « boire jusqu’à l’ivresse » (pratique venue du monde anglo-saxon).
- Les alcools forts gagnent du terrain, notamment chez les plus jeunes adultes.
Les campagnes « Sam, celui qui conduit c’est celui qui ne boit pas » datent du début des années 2000 et témoignent d’une transformation du rapport collectif aux dangers de l’alcool.
Repère : En 2005, 41 % des 18-25 ans ont déjà pratiqué le « binge drinking » (Source : OFDT).
Génération Z (après 1997) : la révolution silencieuse ?
D’après la dernière enquête ESCAPAD (OFDT, 2022), 41 % des 17 ans disent n’avoir pas bu d’alcool dans le mois écoulé. La génération Z étonne par sa distance amoindrie vis-à-vis de l’alcool :
- Désintérêt relatif pour le vin (moins associé à la fête).
- Essor du « no/low alcohol » (cocktails sans alcool, bières 0 %).
- Consommation plus rare, mais parfois plus massive lors des fêtes (« binge drinking » toujours présent, mais plus concentré autour de certains moments).
- Émergence d’une valorisation du contrôle de soi, mais aussi du partage et de l’écoute de ses propres limites.
Moins de surconsommation régulière, mais des pics lors d’événements clés (fêtes, festivals). Les études révèlent un intérêt croissant pour des formes alternatives de sociabilité (afterworks sans alcool, « dry January », etc.).
Chiffre-clé : Entre 2000 et 2022, la part des jeunes de 17 ans n’ayant jamais bu d’alcool est passée de 12 % à 28 % (OFDT).