Le double standard persiste-t-il ? Observations culturelles et sociales
La société tend à normaliser le fait que les hommes boivent, surtout dans certains contextes (match, barbecue, célébrations). À l’inverse, l’alcoolisme au féminin conserve une image plus négative, moins “excusable”, persistant bien après la jeunesse. Une étude de l’Inserm (2018) montrait que l’entourage d’une femme alcoolique est plus prompt à lui conseiller de “se soigner” ou à la juger, là où le même comportement masculin déclenche plus souvent une forme de compassion, voire de la minimisation ("Oh, il trinque, c'est tout.").
Les codes des bars et des bouteilles : un marketing genré
L’industrie alcoolière n’ignore pas les stéréotypes. Les campagnes de pub ont longtemps valorisé des univers explicitement masculins (bières, whisky), tandis que les alcools jugés “féminins” (champagnes doux, premix sucrés, cocktails colorés) sont marketés par le packaging et les slogans ("léger, fruité, glamour", etc.). Cette segmentation, bien qu’elle évolue, entretient des attentes contrastées quant aux pratiques de consommation, et contribue aux jugements sociaux différenciés.
- Bières, whisky : perçus comme des boissons d’homme, symbolisant robustesse, solidarité, virilité.
- Vin, champagne : plus mixtes, avec parfois une connotation féminine pour les vins effervescents et sucrés.
- Spirits aromatisés, cocktails : souvent "féminisés" dans le discours publicitaire et social.