Actualités alcool du 04 au 15 février 2019

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Le binge drinking chez les adolescents nuit au centre des émotions dans le cerveau.

Les jeunes buveurs consommant excessivement de l’alcool seraient plus exposés aux troubles psychologiques et à un plus grand risque de dépendance alcoolique plus tard dans leur vie que les non binge drinkers et les binge drinkers tardifs.

Pour cette étude publiée dans le journal Translational Psychiatry, les chercheurs ont travaillé sur des tissus cérébraux humains post-mortem. Ils ont comparé les amygdales de 44 individus divisés en trois groupes. Le premier groupe comprenait 11 individus ayant commencé à pratiquer le binge drinking (consommation de 4 verres d’alcool chez les femmes ou 5 verres chez les hommes en une occasion au moins 5 fois par mois) avant l’âge de 21 ans, le second 11 individus ayant commencé après 21 ans, et le troisième 22 personnes n’ayant jamais pratiqué le binge drinking. Les scientifiques ont trouvé dans l’amygdale des personnes du premier groupe, 30 % de plus d’ARN BDNF-AS que dans les deux autres groupes. L’ARN BDNF-AS est un ARN non codant, il joue un rôle de régulation de l’expression d’un gène à l’origine de la synthèse de BDNF, une protéine cruciale pour la formation et le maintien des synapses dans le cerveau. BDNF joue un rôle dans l’apprentissage, dans la mémoire et dans la gestion de l’anxiété. Mais lorsque BDNF-AS est présent en grande quantités, BDNF est rare.

Dans le premier groupe la consommation d’alcool précoce a induit une concentration anormalement élevée de BDNF-AS, résultat d’une modification épigénétique, entraînant une diminution de la quantité de BDNF. Les chercheurs ont aussi observé des anomalies dans un autre gène synaptique Arc, avec pour conséquences des connexions anormales entre les neurones.

Ces changements épigénétiques au niveau de l’amygdale chez les jeunes consommateurs de type binge drinking, altèrent la régulation des émotions. Ainsi les individus sont plus impulsifs, plus sensibles à l’anxiété et la dépression que les membres des 2ème et 3ème groupes. Ces modifications altèrent aussi le processus de décision et la gestion du risque. De même, leur risque de devenir dépendant à l’alcool sont plus importants.

(Sciencesetavenir.fr (12/02/2019), Sciencedaily.com (06/02/2019), News-medical.net (07/02/2019))