Actualités alcool du 23 avril au 04 mai 2018

Partager sur Tweet about this on Twitter

L’alcool provoquerait un déséquilibre bactérien buccal

La consommation excessive et modérée d’alcool influencerait la composition du microbiome oral et accroîtrait le risque de certains cancers.

Pour cette étude publiée dans le journal Microbiome, des chercheurs américains ont analysé des échantillons de salive de 1 044 participants âgés de 55 à 87 ans, ainsi que des informations relatives à leur consommation d’alcool. L’équipe a considéré que la consommation d’alcool était modérée lorsque celle-ci équivalait à un verre en moyenne par jour chez les femmes et de deux verres chez les hommes. Au-delà, les chercheurs considèrent les participants comme des « grands » consommateurs d’alcool. Parmi les participants, 270 personnes ne consommaient jamais d’alcool, 614 le faisaient de manière modérée et 160 personnes en consommaient plus. Des tests de laboratoires ont permis de quantifier et de trier les différentes bactéries présentes dans la bouche des participants. Les scientifiques remarquent, chez les consommateurs d’alcool, modérés ou non, un développement accru de bactéries potentiellement néfastes (Bacteroidales, Actinomycètes et Neisseria) et une réduction des « bonnes » bactéries de type Lactobacilles. L’auteur principal de cette étude Jiyoung Ah, commente ces résultats : « Nos recherches démontrent clairement que l’alcool ne permet pas le maintien d’un bon équilibre des microbes buccaux. Cela expliquerait pourquoi l’alcool, comme le tabac, provoque des changements déjà associés au cancer et à des maladies chroniques ». Les auteurs émettent l’hypothèse selon laquelle la modification du microbiome pourrait être causée par des acides présents dans les boissons alcooliques, qui rendent le terrain buccal hostile au développement des bonnes bactéries. Autre hypothèse, l’accumulation des toxines dans la bouche, provoquée par la transformation de l’alcool en éthanal (acétaldéhyde) par une enzyme, favorise la production de « mauvaises » bactéries comme celles de types Neisseria.

(Relaxnews (24/04/2018), Ancienprofesseur.fr (25/04/2018), Topsante.com (25/04/2018), Doctissimo.fr (25/04/2018), Lanutrition.fr (30/04/2018))

 

Les boissons alcoolisées dites allégées pousseraient à boire davantage

Les boissons étiquetées comme étant « allégées en alcool » inciteraient à boire davantage, sous prétexte que ce que l’on boit a une teneur en alcool relativement faible.

Pour cette étude publiée dans le journal Health Psychology, les chercheurs ont sélectionné 264 personnes (échantillon représentatif de la population britannique), buvant régulièrement du vin ou de la bière. Ces participants ont été répartis au hasard au sein de 3 groupes dans un laboratoire aménagé en bar pour l’occasion : un premier groupe a été invité à consommer des boissons étiquetées comme ayant une très faible teneur en alcool (soit 4° d’alcool pour le vin et 1° pour la bière) ; le deuxième groupe a consommé des alcools dits faibles (8° pour le vin et 3° pour la bière) ; et le troisième groupe a pu consommer des boissons alcoolisées, affichant une teneur en alcool moyenne du marché (12,9° pour le vin et 4,2° pour la bière). Les scientifiques ont observé que la quantité consommée d’alcool augmentait lorsque l’étiquette de la boisson indiquait une teneur en alcool réduite. La consommation des boissons dites « très faibles » en alcool a été en moyenne de 214 ml, contre 177 ml pour les boissons classiques, non allégées. Cette étude suggère que paradoxalement l’alcool étiqueté allégé pourrait encourager les gens à boire davantage. L’auteur principale Theresa Marteau reste prudente quant à leurs conclusions, puisque l’expérience a eu lieu dans un contexte de bar artificiel et peut donc différer dans d’autres conditions plus proches du réel.

(Sante-mag.com (01/05/2018))

 

Le syndrome prémenstruel pourrait être lié à la consommation d’alcool

L’alcool pourrait être à l’origine de cas de syndrome prémenstruel. Une vaste étude établit un lien entre les deux phénomènes, sans pouvoir dire lequel cause l’autre.

Pour cette étude publiée dans le journal Bmj Open, les chercheurs ont analysé 19 études menées dans huit pays. Ils découvrent l’existence d’une « association » entre la consommation d’alcool et le syndrome prémenstruel (crampes, gonflement douloureux des seins, fatigue, irritabilité voire dépression …) qui peut toucher les femmes quelques jours avant le début de leurs règles. Ce lien est plus prononcé en cas de consommation d’alcool d’un verre ou plus par jour. Mais à l’inverse ces données ne permettent pas d’exclure l’hypothèse que certaines femmes boivent dans l’espoir d’atténuer les symptômes du syndrome prémenstruel, expliquent les auteurs. Les scientifiques jugent qu’un cas de syndrome prémenstruel sur 10 dans le monde et un cas sur cinq en Europe est associé à la consommation d’alcool.

(AFP (24/04/2018), Medsnews.top (23/04/2018))

 

A noter :

Efficacité du baclofène jugée insuffisante

Un comité d’experts missionné par l’Agence du médicament juge l’efficacité du baclofène insuffisante, dans la réduction de la consommation d’alcool chez les patients adultes présentant une dépendance à l’alcool et une consommation d’alcool à risque élevé, telle que présentée dans le dossier de demande d’AMM. Ceci, ajouté à un risque potentiellement accru de développer des événements indésirables graves (y compris des décès) en particulier à des doses élevées, conduit à considérer que le rapport bénéfice/risque est négatif.

L’Ecosse instaure un prix minimum pour l’alcool

L’Ecosse a introduit mardi 1er mai 2018 un prix minimum pour l’alcool afin de lutter contre ses méfaits. Désormais le plancher est fixé à 50 pences (environ 57 centimes) par unité d’alcool. Ainsi, une bouteille de whisky ne pourra être vendue en dessous de 14 livres (15,60 euros).